G20 & Europe…
- Le communiqué et la déclaration finale des chefs d’Etat du G20 (http://www.g20.org/pub_communiques.aspx) ne comportent pas de décision « décisive » pour l’économie mondiale. De fait, la réunion a été « polluée » par le référendum grec et les incertitudes politiques dans ce pays. Durant le week-end, une solution politique semble avoir émergé en Grèce. Le G20 de Cannes s’est conclu sans mesure concrète de résolution de la crise en Europe et, surtout, sans engagement de fonds souverains (pouvait-il en être autrement à la vue de la situation en Grèce) pour soutenir le FESF.
- Points clefs du G20. Entre les déclarations après le G20 et les communiqués, les principaux points sont les suivants : 1) Pas de plan de relance de l’économie mondiale. Toutefois, élément nouveau, le G20 a publié un « Plan d’action pour la croissance et l’emploi » qui fixe à chacun des pays des objectifs. Par exemple, l’Italie s’engage à réduire son ratio dette/PIB à partir de 2012 et obtenir un budget à l’équilibre en 2013. Les Etats-Unis promettent des mesures de relance de leur économie… en assainissant leurs comptes publiques (réduction du ratio dette sur PIB à partir de 2015). Les pays disposants de « marges » suffisantes vont soutenir la croissance mondiale. « Nous nous engageons à coordonner nos actions et nos politiques » mais aucune mesure concrète de relance n’a été prise. Les pays européens doivent réduire leur déficit budgétaire. Le plan de relance aux Etats-Unis est loin d’être voté et l’Allemagne ne devrait pas adopter une politique budgétaire très expansionniste dans les prochains mois… 2) Régulation financière & taxe sur les transactions financières. Différentes mesures visant à réguler les bonus et lutter contre les paradis fiscaux ont été adoptées. Rien de nouveau ! La taxe sur les transactions financière est rejetée par les Etats-Unis et la Chine. Mais M. Sarkozy a appelé à son application en Europe, voire dans la seule zone Euro. La liste des 29 banques dites systémiques, qui devront supporter à compter du 1er janvier 2016 des contraintes en capital supplémentaires allant de 1% à 2,5% de ratio core tier one, a été publiée. Les banques françaises BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Général et BPCE sont concernées. 3) Système Monétaire Mondiale et FMI. La réévaluation du yuan et sa convertibilité n’ont pas été clairement évoquées dans les communiqués. Toutefois, dans le communiqué final, les Etats se sont engagés « à accroître la flexibilité des taux de change pour refléter les fondamentaux économiques sous-jacents ». Le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, a déclaré que le G-20 avait accepté l’augmentation des ressources du FMI pour faire face à la crise financière en Europe, sans donner de détails. Une augmentation de la capacité de prêts du FMI (400 Mds $ actuellement) semble acquise, mais le montant (même si la somme de 350 Mds $ est évoqué) et les modalités n’ont pas été définis. Cette décision sera prise en février prochain. Les chefs d’Etat ont demandé à leurs ministres des Finances de travailler d’ici à février à trois options : a) une augmentation des DTS reflétant mieux la taille des différents pays membres du FMI. Le poids des pays émergents sera vraisemblablement augmenté, b) la mise en place de prêts bilatéraux entre pays, c) l’abondement d’une structure spéciale comme un compte administré. La FMI prête à des Etats et non à des entités juridiques. Il ne peut donc prêter directement au FESF. 4) L’Italie sous surveillance du FMI. L’Italie a « demandé » au FMI de l’aider à surveiller ses réformes économiques et fiscales, a annoncé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a affirmé lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet que Rome avait décliné une offre d’aide financière du FMI. Le but « de cette aide du FMI » est de rassurer les marchés sur le risque « politique » en Italie. Cette annonce, malheureusement, n’a pas permis un recul sensible des taux longs. Les investisseurs attendent clairement plus : une tutelle du FMI ou une nouvelle coalition plus crédible.
- La politique grecque est parfois compliquée ! Vendredi soir, le parlement grec a voté la confiance à Papandreou grâce à sa promesse de démissionner du gouvernement… Hier soir, les deux principaux partis politiques grecs (socialiste et de droite) sont parvenus à un accord politique pour former un gouvernement d’unité nationale. Ce dernier sera provisoire. Il devrait durer trois mois, le temps que des élections anticipées soient organisées, probablement, le 19 février prochain selon le ministère des Finances grec. Le but principal est, à court terme, d’obtenir l’aide du FMI et de la commission Européenne, la 6ème tranche de 8 Mds €. Le nouveau gouvernement d’union nationale devrait accepter rapidement les exigences de Bruxelles en terme de rigueur. La Grèce ne sera pas en défaut de paiement à la fin d’année (cf. morning Eco)…
- Aujourd’hui et demain, l’Eurogroupe et l’Ecofin se réunissent. En dehors de la Grèce, les ministres des finances étudieront les mesures techniques pour mettre en place les décisions de Bruxelles, notamment sur le fonctionnement du FESF (cf. morning Eco).
- Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus samedi dans les rues du centre de Rome à l’appel de l’opposition, pour réclamer le départ du président du conseil Silvio Berlusconi. Silvio Berlusconi n’a plus qu’un jour pour convaincre les dissidents de sa majorité de lui maintenir sa confiance. Le nombre de dissidents au sien de sa majorité serait de 20 à 40 selon les journaux. Un vote négatif des députés n’est donc pas à exclure. Le 10 ans italien est à 6,56% ce matin.